Le 1er octobre 2026, le ministère fédéral allemand du Travail et des Affaires sociales (BMAS) a annoncé que Mirka Abrasives Germany avait reçu le 16e Prix allemand de protection contre les substances dangereuses pour le remplacement du naphtalène par l’acide fumarique dans la production d’outils abrasifs. La remise du prix a eu lieu le 30 septembre. Le projet concerne la formation des pores dans des abrasifs à liant vitrifié. Source : communiqué du BMAS
La substitution de matières premières dans la fabrication des meules concerne à la fois l’environnement de production et le maintien de performances régulières. Un procédé primé en Allemagne offre un exemple concret de démarche associant ces deux objectifs.

Les agents porogènes contribuent à créer une structure adaptée à l’utilisation de la meule. Dans sa présentation technique, Mirka explique que les pores des meules industrielles concernées peuvent accueillir le lubrifiant de coupe, faciliter l’évacuation des copeaux et réduire les frottements inutiles. Modifier le porogène implique donc également d’évaluer la structure et le comportement en rectification. Source : présentation technique de Mirka

Selon le BMAS, le naphtalène utilisé auparavant présente des risques pour la santé. Les mélanges de vapeur, de poussières et d’air générés lors du procédé concerné augmentent aussi les risques d’incendie et d’explosion. Le nouveau procédé utilise l’acide fumarique pour former les pores, supprimant ainsi l’utilisation du naphtalène dans ce processus. Le ministère indique qu’il permet une porosité plus élevée tout en respectant les exigences techniques correspondantes. Source : communiqué du BMAS
Mirka indique que l’équipe actuelle a développé cette méthode plusieurs années avant l’annonce de ce prix. Mirka précise que son procédé breveté permet d’obtenir des pores plus grands qu’avec l’ancienne méthode au naphtalène. Ce cas montre que substitution de matières et développement de la structure du produit peuvent avancer ensemble. Les annonces ne fournissent toutefois pas de données comparatives universellement applicables sur l’efficacité de rectification, la durée de vie ou les coûts. Les mêmes gains ne peuvent donc pas être présumés pour toutes les meules. Source : présentation technique de Mirka
Du point de vue de la fabrication, l’intérêt consiste à organiser la validation autour de la fonction de la matière. Avant de modifier un procédé, il convient de préciser son rôle dans la formulation, les caractéristiques à préserver et le comportement du substitut lors du stockage, de la transformation et du traitement thermique. Réduire les risques liés à une substance suppose aussi d’évaluer l’ensemble du processus.
Il faut ensuite examiner la compatibilité avec le procédé et la régularité entre les lots. Selon le produit, les changements intervenant au mélange, au formage et au traitement thermique ultérieur peuvent être consignés, puis la sécurité et les performances d’usinage du produit fini vérifiées selon les exigences applicables. La validation d’échantillons doit être reliée à celle de la production par lots : un essai réussi ne démontre pas, à lui seul, une production stable.
Les essais comparatifs nécessitent également des conditions définies. Matière de la pièce, état de l’équipement, paramètres d’usinage et conditions de refroidissement doivent être enregistrés. Des conditions comparables permettent d’identifier l’origine des évolutions et de vérifier si une amélioration s’accompagne d’autres changements. Ces observations constituent une analyse de fabrication, et non la formulation ou le mode opératoire du procédé primé.
Les fabricants de meules résinoïdes et de disques à tronçonner doivent tenir compte du périmètre de cette avancée. La technologie confirmée officiellement concerne les abrasifs à liant vitrifié. Elle ne justifie pas directement une modification des matières ou des formulations de produits à liant résine. Les conditions de fabrication et les exigences d’utilisation diffèrent ; chaque proposition doit être guidée par ses propres besoins et résultats de validation.
Cette limite vaut aussi pour l’achat ou la modernisation d’une ligne de production. Lorsqu’un projet comporte de nouvelles matières ou formulations, le fabricant peut définir les conditions d’essai, les données à enregistrer et les critères d’acceptation du produit fini dès la sélection des équipements. Il peut ainsi rapprocher les capacités de la ligne des besoins du procédé et convenir du périmètre de validation avec les fournisseurs.
Ce prix apporte au secteur un cas concret à étudier : réexaminer la fonction d’une matière première peut ouvrir une voie vers une réduction des risques et une amélioration de la structure du produit. Son intérêt pour d’autres produits dépend toujours de leurs conditions de fabrication et des validations correspondantes.
Article établi à partir des informations publiques du BMAS et de Mirka. Les applications industrielles présentées relèvent de l’analyse éditoriale.

